1. L’inflation ralentit à 2 % en mai 2012

En mai, les prix à la consommation de l’ensemble des ménages (métropole et DOM) ont légèrement baissé de 0,1 %. L’inflation poursuit son ralentissement, à 2 %. Hors tabac, les prix reculent de 0,1 % sur un mois (+ 1,9 % sur un an).

En revanche, l’indice des prix des produits de grande consommation dans la grande distribution progresse de 0,2 %. Mais son glissement annuel continue de se ralentir : il atteint 2,3 %, contre 4 % en début d’année.

L’inflation sous-jacente est en légère hausse de 0,1 % (+ 1,4 % sur un an).

L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de la France se replie de 0,1 % (+ 2,3 % sur un an).

 2.  Evolution d’ici fin 2012 par poste

L’inflation d’ensemble diminuerait nettement à 1,4 % en décembre 2012, après 2 % en mai. Elle bénéficierait du fort recul du glissement annuel des prix énergétiques, dans le sillage de la baisse du prix du pétrole, et des produits alimentaires (frais et hors frais).

Toutefois, à l’horizon de décembre 2012, l’inflation sous-jacente, mesurée en retirant de l’indice d’ensemble les composantes volatiles (énergie, produits frais), les tarifs publics et en corrigeant des mesures fiscales, ne baisserait guère et atteindrait 1,3 %. Elle serait freinée par un taux de chômage élevé (10,3 % en fin d’année, en métropole + Dom), qui ralentirait la progression des salaires, ainsi que par la baisse du prix des matières premières intervenue à partir du deuxième trimestre 2011.

Les prix alimentaires hors frais ralentiraient, sous l’effet de la stabilisation des cours des matières premières. L’inflation des services augmenterait un peu d’ici fin 2012, car le glissement annuel des prix des télécommunications se redresserait.

Le glissement annuel des prix des produits manufacturés serait stable d’ici la fin de l’année. Il s’établirait à + 0,8 %, comme en avril 2012. Le faible niveau des taux d’utilisation des capacités de production et la modération des coûts salariaux expliqueraient cette tendance dans ce secteur.

Les prix de l’habillement-chaussures ralentiraient nettement, grâce à la forte baisse des prix du coton depuis la fin du premier trimestre 2011. Il reviendrait à 1,2 % fin décembre, contre 2,3 % en mai. Le glissement annuel des autres produits manufacturés serait stable à + 1,4 %.

Le glissement annuel des prix des services augmenterait légèrement, en passant de 1,5 % en mai à 1,7 % en décembre. Les fortes baisses de prix des télécommunications fin 2011 et début 2012 se poursuivraient à un rythme toutefois plus modéré sur le reste de l’année. Le glissement annuel des prix des télécommunications, bien que toujours négatif, se redresserait ainsi légèrement. Les prix des autres services connaîtraient les mouvements saisonniers habituels. Ils augmenteraient en juillet pour l’hébergement, les voyages touristiques et les transports aériens, puis baisseraient fortement en septembre.

Le glissement annuel des prix des transports-communications serait de – 2,6 % en décembre 2012.

Du fait du dynamisme de l’offre, notamment des pays de l’Opep, et du ralentissement de l’activité dans les pays développés, le marché pétrolier connaît un excédent important sur l’année. Le marché se rapprocherait toutefois de l’équilibre au second semestre, la consommation dans les pays développés augmentant fortement avec les départs en vacances d’été.

Le prix du pétrole fluctuerait d’ici la fin de l’année 2012, autour de 100 $ le baril de brent. Sur l’ensemble de l’année 2012, le prix du pétrole baisserait de 3,4 % par rapport à 2011.

Sous l’hypothèse de stabilité du prix du baril de pétrole à 81 euros, le glissement annuel des prix de l’énergie diminuerait fortement. Il chuterait de 5 % en mai à 1,7 % en décembre. Il continuerait donc de baisser, après le pic à 15,3 % observé en mars 2011.

La baisse des prix énergétiques serait toutefois limitée par la hausse de la contribution au service public de l’électricité au 1er juillet 2012.

Les prix des matières premières importées ont fortement progressé tout au long de l’année 2010 et 2011. Ils ont ensuite nettement baissé à partir de mars 2011. Ils se stabiliseraient à partir d’avril 2012, à un niveau inférieur à celui de début 2011, et leurs hausses passées cesseraient de se diffuser aux prix de l’alimentation. Le glissement annuel des prix de l’alimentation hors produits frais poursuivrait son ralentissement jusqu’en décembre 2012. Il passerait ainsi de 2,9 % en mai à 1,9 % en décembre.

Le glissement annuel des produits frais diminuerait également. Il chuterait en juillet et août, car la baisse des prix observée pendant l’été 2011 a été particulièrement faible.