Certains salariés n’expriment aucune appétence pour le statut de cadre. C’est ce qu’explique le Céreq dans une étude récente. La crainte d’horaires extensibles, d’identité professionnelle diluée ou le risque de s’enfermer dans une catégorie professionnelle coupée des autres sont les principaux arguments avancés.

Près d’un salarié sur deux n’aspire pas à devenir cadre. Cette réticence se fonde “sur les représentations que les professions intermédiaires se font du rôle et de l’activité des cadres, plus que sur une connaissance réelle du contenu de leur travail”, estime le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq).

 1.Le désir de préserver sa sphère personnelle

Le caractère chronophage du statut des cadres est l’une des craintes exprimées par ces salariés. “J’ai l’impression que les cadres travaillent plus, beaucoup, font des heures à rallonge”, exprime ainsi l’un des salariés interrogés. Le statut de cadre est en effet souvent associé à une grande disponibilité. “Devenir cadre apparaît aux yeux de certains difficilement compatible avec leur situation familiale”, constate le Céreq. S’ajoute le stress de la mission. “La crainte que le stress associé au métier de cadre ne rejaillisse sur la vie privée est également évoquée”. Enfin, qui dit cadre dit mobilité dans les représentations des salariés interrogés dans le cadre de cette enquête. “Certaines promotions sont soumises à une exigence de mobilité géographique, et tous les salariés n’envisagent pas un tel déplacement en raison de la carrière de leur conjoint, des enfants, des réseaux sociaux”.

2. La crainte de perdre son identité professionnelle

En dehors de ces contraintes de temps et de lieu, se profile également la peur de devoir laisser de côté ce qui constitue le cœur de leur métier. Les salariés redoutent le passage d’une fonction technique, qui constitue l’essentiel de leur identité professionnelle, à des activités managériales. D’ailleurs, ils ne sentent pas toujours capables d’endosser de telles responsabilités. “Plusieurs salariés soulignent ainsi leur manque d’appétence pour le management, et certains considèrent ne pas posséder les compétences requises, ou pensent d’une manière plus générale, que devenir manager ne correspond pas à leur personnalité. Les salariés expriment surtout des doutes sur les compétences relationnelles qui, selon eux, leur feraient défaut alors même qu’elles paraissent incontournables pour exercer une fonction d’encadrement : savoir gérer une équipe, s’exprimer publiquement,…”

3. Les cadres, une catégorie coupée des autres ?

Enfin, ils craignent de passer dans une sorte de “caste” qui les couperait de leurs anciens collègues. “Les cadres représentent une catégorie à part, située entre les professions intermédiaires et la direction. Ils défendent les orientations stratégiques de l’entreprise et cette proximité avec la direction semble freiner les projets d’évolution de certains salariés, qui déclarent parfois ne pas partager les valeurs de l’entreprise”, explique ainsi le Céreq.