L’été 2026 marque un tournant en matière de santé et sécurité au travail. Entre le renforcement des obligations liées aux fortes chaleurs, la publication du Plan Santé au Travail 2026-2030 (PST5) et la prise en compte du risque climatique, les employeurs doivent désormais intégrer la prévention dans leur stratégie RH.
1. Le risque climatique devient un risque professionnel à part entière
Les épisodes de canicule ne sont plus exceptionnels. Ils affectent la santé des salariés, la productivité, l’organisation du travail et la continuité de l’activité. Le changement climatique crée également de nouvelles inégalités entre salariés exposés et non exposés à la chaleur. Il ne concerne plus seulement les métiers pénibles mais aussi les managers, personnels de santé, encadrants ou équipes de production. Les avocats en RH alertent « Le risque climatique doit désormais être intégré au même titre que les risques psychosociaux ou industriels ».
2. Fortes chaleurs : des obligations renforcées pour les employeurs
En période de vigilance rouge, l’obl. de sécurité impose une réévaluation régulière des risques, l’adaptation des horaires, l’augmentation des pauses, le recours au télétravail lorsque cela est possible et, si nécessaire, la suspension de certaines activités. Les employeurs doivent également conserver la preuve des mesures prises afin de sécuriser leur responsabilité en cas de contrôle/contentieux.
Parallèlement, la pression s’accentue sur les pouvoirs publics : Par courrier officiel du 10/07/26 un renforcement des pouvoirs de l’inspection du travail a été demandé par les syndicats, notamment que l’inspection du travail puisse ordonner directement l’arrêt des activités lorsque les mesures de prévention sont insuffisantes, fixation d’une température maximale de travail et la création d’un fonds d’indemnisation lors des interruptions d’activité liées aux fortes chaleurs.
3. Le Plan Santé au Travail 2026-2030 dessine les priorités des prochaines années
Publié le 5 juin 2026, le 5ième Plan Santé au Travail fait de la prévention un axe majeur. Il prévoit notamment le renforcement du DUERP, avec une mise à jour après chaque accident grave ou mortel, l’intégration du risque climatique dans l’évaluation des risques, le développement d’outils numériques sur Net-Entreprises, une prévention renforcée des risques émergents (IA, PFAS, nouvelles organisations du travail) ainsi qu’un accompagnement des entreprises pour adapter bâtiments, équipements et organisation face aux fortes chaleurs.
4. Les entreprises doivent anticiper dès aujourd’hui
La prévention ne se limite plus au respect des obligations réglementaires. Elle devient un facteur de résilience de l’entreprise. Deux actualités illustrent parfaitement cette évolution.
- D’une part, le passeport de prévention franchira une nouvelle étape le 16/11/26 : Chaque salarié pourra consulter ses formations en santé et sécurité au travail, compléter son parcours et partager un extrait avec un employeur ou un futur recruteur. Cet outil renforcera la traçabilité des compétences en prévention et facilitera leur valorisation.
- D’autre part, la Cour de cassation rappelle, dans un arrêt du 3/06/26 n°25-12.335, que la protection spécifique liée à un accident du travail ne joue que si l’employeur avait connaissance de l’accident au moment où il a manifesté sa volonté de licencier, c’est-à-dire à la date d’envoi de la lettre de licenciement. Cette décision souligne l’importance de la circulation rapide de l’information et de la sécurisation des procédures RH.
