La fédération française de l’assurance et 5 syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, UNSA) relèvent le défi – en signant un accord en faveur des salariés expérimentés: Valoriser le parcours et l’intégration des séniors dans les cabinets d’assurance en signant un accord de branche devançant l’application de l’accord national (ANI) du 14 novembre 2024 et celui du 25 juin 2025.

Rappelons que le texte national (ANI du 14/11/24) constatait l’insuffisance du taux d’emploi des + 60 ans et le retard de notre pays  : 39 % de séniors au travail en France contre 65 % en Allemagne. Cet accord, modifié par l’ANI du 25/06/25 intègre les outils utiles aux transitions/reconversions PRO  avec 4 axes:

  • Mobilisation du dialogue social, par  l’obligation de négociation en entreprise,
  • Préparation de la 2ième  partie de carrière autour d’un rendez-vous prof. à 45 ans,
  • Facilitation des aménagements de fin de carrière, avec UN droit à la retraite progressive dès 60 ans et une rémunération à temps partiel ou complet (via l ‘affectation de l’indemnité de départ à la retraite)
  • Valorisation de l’expérience en encourageant la transmission intergénérationnelle des savoirs.

Coté cabinet d’assurance, ce texte – fruit d’un an de négociations, ambitionne de servir de socle commun pour mieux organiser l’avancée en âge des salariés car 17,8 % de plus de 161000 salariés de la branche ont +55 ans avec une moy. d’âge de 42,5 ans. Que prévoit-il concrètement ?

1- Une ½ journée rémunérée pour un bilan de santé ou de prévention

A partir de 60 ans, chaque salarié pourra bénéficier d’une demi-journée payée pour effectuer un bilan auprès des services de la Sécurité sociale ou des centres Agirc-Arrco. Cette démarche est initiée par le salarié, par courrier motivé.

2- L’investissement dans la formation  

Avec cet accord la formation devient un levier essentiel pour maintenir l’employabilité. Elle est encouragée par  le tutorat/mentorat, interne/externe et la valorisation de l’expérience. Un bilan sera fait dans 3 ans avec un recensement des bonnes pratiques.

Deux moments clés ont été identifiés pour les entretiens prof.: 45 et 60 ans avec des sujets à aborder : Modalités d’organisation du travail (temps partiel, télétravail), amélioration de l’ergonomie des postes et accompagnement des aidants. Cet accord permet pour l’entreprise de maintenir les cot. retraite à taux plein en cas de passage à temps partiel.

3- Des outils souples pour bien terminer sa carrière

Le texte promeut plusieurs dispositifs de transition : Retraite progressive, utilisation du compte épargne-temps, mécénat de compétences ou conversion de l’indemnité de départ en temps. Il incite les employeurs à communiquer sur le contrat de valorisation de l’expérience (CVE), dit “CDI seniors”, figurant dans le projet de Loi seniors (portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l’emploi des salariés expérimentés et relatif à l’évolution du dialogue social, adopté le 3/07/25). Ce contrat, dont  les syndicats souhaitent limiter le recours car  bénéficiant d’exonérations, est accessible à partir de 60 ans.

3- Un accord incitatif à intégrer dans les entreprises

Le texte n’est pas  contraignant : Il met en place un cadre, avec un référentiel de nombreuses pratiques que les employeurs peuvent intégrer dans leurs négociations d’entreprise.

Ce texte fait consensus : Il respecte les 6 grands thèmes de l’ANI (reconnaissance des salariés expérimentés, lutte contre les stéréotypes liés à l’âge, employabilité, prévention de l’usure professionnelle, transmission des savoirs et accompagnement des fins de carrière). Mais attention à son application concrète qui suppose un dialogue social solide pour construire l’organisation du travail de demain.

rédigé par Me BESSET Avocat en Droit Social titulaire des spécialités : – Droit du Travail -Droit de la sécurité et protection sociale