Présenté en Conseil des ministres le 14 octobre 2025, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 s’inscrit dans une logique de maîtrise des dépenses et de réduction du déficit. Les mesures concernent à la fois l’emploi, la santé, les retraites et le recouvrement social, avec une seule mesure d’extension des droits sociaux : la création d’un congé de naissance.

1. Les principales mesures annoncées

1.1. Emploi et exonérations

  • • Fin des exonérations pour les apprentis : suppression totale à compter du 1er janvier 2026 pour les nouveaux contrats.
  • • Recentrage des exonérations : Acre limitée aux publics fragiles ; JEI réservée aux entreprises investissant en R&D ; Outre-mer concentrée sur les bas et moyens salaires.

1.2. Santé et arrêts de travail

  • • Limitation des primo-prescriptions à 15 jours en ville, 30 jours à l’hôpital.
  • • Mention obligatoire du motif médical sur l’avis d’arrêt.
  • • Indemnisation des AT/MP plafonnée à 4 ans par sinistre.
  • • Suppression de la visite médicale de reprise après congé maternité.
  • • Fin des indemnités dérogatoires pour certaines pathologies longues non exonérantes.

1.3. Maladies professionnelles

  • Réforme du système de reconnaissance : conditions de diagnostic fixées par décret en Conseil d’État, et le CRRMP sera réservé aux cas complexes.

1.4. Famille : création d’un nouveau congé

  • Création d’un congé de naissance indemnisé ouvert aux deux parents, d’une durée de 1 à 2 mois, cumulable jusqu’à 4 mois. Entrée en vigueur prévue en 2027 (coût estimé : 300 M€ en 2027, 600 M€ en 2030).

1.5. Contributions patronales et avantages

  • • Nouvelle contribution patronale de 8 % sur les avantages (titres-restaurants, chèques-vacances, chèques-cadeaux, etc.).
  • • Hausse de 10 points sur les indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite.

1.6. Retraites

  • • Encadrement du cumul emploi-retraite : écrêtement avant 64 ans (100 %), entre 64 et 67 ans (50 %), cumul libre après 67 ans.
  • • Gel total des pensions en 2026 puis sous-indexation de 2027 à 2030 (économies : 3,8 Mds € en 2027, 6,1 Mds € en 2029).
  • • Mesures en faveur des femmes : calcul sur 23 ou 24 meilleures années, prise en compte de 2 trimestres de majorations parentales comme trimestres cotisés.

1.7. Recouvrement des cotisations

  • • Créances sociales reconnues comme créances privilégiées, alignées sur les créances fiscales.
  • • Allongement du délai de conversion des déclarations provisionnelles.
  • • Renforcement des pouvoirs des Urssaf pour la prise de garanties pendant 3 ans.

Tableau récapitulatif des principales mesures

MesurePublic concernéImpact
Suppression de l’exonération apprentisEmployeurs / apprentisHausse du coût du travail des apprentis
Primo-prescription limitée des arrêts maladieSalariés / médecinsRéduction des durées d’arrêt, contrôle accru
Congé de naissanceParents salariésJusqu’à 4 mois indemnisés pour les deux parents
Contribution patronale de 8 % sur avantagesEmployeursHausse du coût des avantages sociaux
Hausse de la contribution sur ruptures conventionnellesEmployeursRenchérissement du coût des départs négociés
Sous-indexation des pensionsRetraitésPerte de pouvoir d’achat
Nouvelles règles cumul emploi-retraiteRetraités actifsEncadrement des revenus avant 67 ans
Rédigé par Me BESSET Avocat spécialisé en Droit du Travail et droit de la Sécurité et protection sociale SELARL LDSconseil