Analyse Dares no 2013-009, 12 févr. 2013 :Une étude de la Dares laisse apparaître un absentéisme stable sur la période 2003-2011. Il est lié à des variables sociodémographiques mais aussi aux conditions de travail.
1- Les causes de l’absentéisme et l’analyse statistique
Sur la période 2003-2011, au cours d’une semaine de référence, 3,6 % des salariés ont connu une absence au travail d’au moins une heure pour des raisons de santé ou pour la garde d’un enfant malade. L’absentéisme a globalement peu varié au cours de la période étudiée, les points hauts annuels ou trimestriels étant largement expliqués par les pics d’épidémies de maladies saisonnières.
La probabilité qu’un salarié s’absente pour maladie dépend de variables sociodémographiques comme l’âge, le sexe, la composition du foyer, la catégorie socioprofessionnelle et le secteur d’activité dans lequel il est employé. Les salariés en CDI avec plus d’un an d’ancienneté et les fonctionnaires sont relativement plus souvent absents que les personnes en CDD ou récemment embauchées en CDI (respectivement 3,7 et 3,9 %, contre 2,6 %). Cette différence persiste lorsqu’on tient compte des principales caractéristiques identifiables des salariés.
L’absentéisme augmente fortement avec le niveau d’exposition aux contraintes physiques et psychosociales. Si les cadres sont beaucoup moins souvent absents pour maladie que les ouvriers (1,6 % contre 4,5 %), c’est dans une large mesure parce qu’ils sont dans l’ensemble moins exposés aux contraintes physiques et psychosociales dans le travail.
2- Les conclusions et enseignements à retenir
- Davantage d’absences lorsque l’on est âgé…
Parmi les 20-24 ans, 2,9 % des salariés sont absents pour des raisons de santé. Cette proportion atteint 5,4 % parmi les 55-59 ans, du fait de la dégradation de l’état de santé avec l’âge. Toutefois, les 60-64 ans s’absentent un peu moins (4,7 %) : les salariés qui peuvent prolonger leur activité au-delà de 60 ans sont en moyenne en meilleure santé que ceux qui s’interrompent plus tôt.
- ….. et à tout âge, chez les femmes
Quel que soit l’âge, la proportion de salariés absents pour des raisons de santé, la leur ou celle de leurs enfants , reste toujours plus élevée parmi les femmes que parmi les hommes C’est surtout entre 25 et 34 ans que l’écart entre hommes et femmes est le plus important (1,6 à 1,5 points).
À âge, sexe, profession et secteur d’activité donnés, les salariés ne vivant pas en couple sont plus souvent absents pour raisons de santé que les autres. Cela peut être pour partie dû au fait qu’un mauvais état de santé diminue la probabilité d’être en couple.
En présence d’un jeune enfant dans le foyer, les femmes en couple n’ont pas une propension plus importante que les hommes à s’absenter pour maladie ; en revanche, les mères isolées s’absentent beaucoup plus souvent. Ceci est globalement le cas pour les personnes des deux sexes vivant seules avec un enfant en bas âge, celles-ci ne pouvant sans doute pas avoir de relais lorsque leurs enfants sont malades.
- Un absentéisme plus important lorsque l’on a un emploi stable…
Le statut d’emploi peut faciliter ou au contraire rendre plus difficile l’absence pour maladie, selon le degré de sécurité de l’emploi ou les droits au maintien du revenu en cas d’absence . De fait, en moyenne sur la période 2003-2011, la proportion de salariés absents est de 3,9 % parmi les titulaires de la fonction publique, 3,7 % parmi les salariés disposant d’un CDI depuis plus d’un an, mais de seulement 2,6 % parmi les salariés en contrat précaire (CDD, intérim) ou recrutés en CDI depuis moins d’un an . Ces écarts sont comparables quelle que soit la catégorie professionnelle.
A principales caractéristiques identifiables équivalentes (4), les taux d’absentéisme des salariés en CDI de plus d’un an et des fonctionnaires ne diffèrent pas significativement .
Ces deux catégories de salariés n’ont pas les mêmes droits de base mais, dans les faits, les conventions collectives ou des régimes de prévoyance peuvent rapprocher les droits de ces salariés de droit privé de ceux des fonctionnaires. En revanche, les salariés en CDI récemment embauchés – qui peuvent être encore en période d’essai ou en voie d’intégration dans l’entreprise – et les salariés en CDD ou en intérim s’absentent significativement moins souvent que les autres, même en prenant en compte leurs caractéristiques spécifiques et notamment le fait qu’ils sont plus jeunes. Outre leurs moindres droits au maintien du salaire et leur moins grande sécurité d’emploi, l’état de santé des intérimaires apparaît, en moyenne et « toutes choses égales par ailleurs », meilleur que celui des salariés en CDI. Ceci pourrait résulter en partie d’un effet de sélection, les agences d’intérim tendant à éviter de recruter des salariés à la santé fragile