1- L’emploi salarié : Où en est-on depuis la crise financière de 2008 ?
Depuis 2010, l’écart entre emplois industriels/non industriel se stabilise.
54% des zones touchées par la crise de 2008 affiche un taux d’emploi en 2019 toujours inférieur: On a perdu + 400 000 emplois salariés en 2008/2009 et on a créé + 700 000 emplois salariés entre 2009/ 2020.
Selon une note de France stratégie, publiée le 5/03/2024 : “quel rebond local après les pertes d’emplois massives ?”, les auteurs analysent, à l’aune de la crise financière de 2008-2009, la capacité des régions touchées à absorber ce choc social. Leur conclusion est sans ambages : le retour à une situation d’avant-crise reste difficile
On note un tassement» avec +0,1 % sur 2023.
Sur 2024, la hausse se poursuit «poc a poc». Mais l’intelligence artificielle va impacter l’employabilité des salariés quinquas et +, en entreprise: ils vont devoir s’adapter dans les années à venir.
2- Des quinquas plus impactés et rattrapés par la Réforme chômage
Agé de 50 ans, c’est plus difficile de retrouver un travail.
À 50 ans, on peut accéder à plus de formation. Pour le droit au chômage, il faut avoir travaillé + de 6 mois (130 j travaillés/910 H) sur 24 mois. Le chômeur de +50 ans peut choisir entre l’alloc. de solidarité spécifique (ASS) et aide au retour à l’emploi (ARE).
A 53 ans, les périodes de travail sont appréciées sur 36 mois. Depuis le 01/02/23, la durée d’indemnisation est de 182 j a minima ; avec une mesure de dégressivité de l’alloc. Chômage (AC) actée depuis le 01/12/21, qui s’applique au chômeur touchant 91,02 €/j après 182 j d’indemnisation.
À partir de 55 ans, la durée max. de l’AC est de 27 mois. Le calcul de la durée de paiement de l’AC suit les principes de droit commun : Depuis le 1/02/23, un coefficient de 0,75 est appliqué. Ce coefficient de 0,75 ne s’applique pas aux demandeurs d’emploi bénéficiaires du CSP et à certaines professions (marins pêcheurs, ouvriers dockers occasionnels, intermittents du spectacle et certains expatriés) et les résidents des DOM TOM.
En résumé, la durée MAXI de l’ AC, après application du Coeff. de 0,75, va jusqu’à :
- 548 jours (18 mois) si moins de 53 ans,
- 685 j (22,5 mois) entre 53 et 54 ans,
- 822 j (27 mois) à partir de 55 ans.
En fin de droits (s’il reste moins de 30 j d’AC un complément d’indemnisation est prévu :
- + 182 j pour les – 53 ans,
- + 228 j entre 53 et 54 ans
- + 273 j pour les + 55 ans
Le gouvernement veut modifier ce dispositif.
annonce du Ministre de l’économie Bruno LEMAIRE
Enfin, les quinquas et + sont concernés par les «derniers coups de vis » :
- le paiement des AC. sera bloqué s’ ils refusent un CDI à 2 reprises sur les 12 mois précédents la fin de leur CDD.
- l’aide à la reprise/création entreprise pour les fins de contrat de travail a baissé à 60% du capital restant des droits à l’ARE depuis le 01/07/2023.
3- Chômage et pension retraite pour les + de 50 ans
En principe, cumuler les AC et une pension de vieillesse : PAS POSSIBLE puisqu’il faut cesser toute activité pour pouvoir liquider ses droits à la retraite.
L’exception : Lorsqu’on ne remplit pas les conditions pour bénéficier d’une retraite à taux plein, en cas de perception d’un avantage de vieillesse, le cumul est possible. Donc, on peut recevoir son allocation de retour à l’emploi (ARE) avec une pension vieillesse/ militaire jusqu’à l’âge légal de sa retraite avec certes un écrêtement :
- a partir de 50 ans l’ARE est minorée de 25% du montant net de la pension de retraite jusqu’à 55 ans
- de 50% entre 56 ans et 59 ans
- et de 75% à partir de 60 ans.
En outre, il existe un dispositif qui permet au chômeur + 62 ans de continuer à être indemnisé par FRANCE TRAVAIL au-delà de la durée d’indemnisation s’il ne peut pas bénéficier de sa retraite à taux plein.
Enfin depuis la Réforme de la Retraite, les périodes de chômage indemnisées comptent pour la retraite ; les périodes de chômage non indemnisées qui suivent celles qui le sont, comptent également.
4- La réaction syndicale à l’annonce de la Réforme chômage de Bruno LE MAIRE :
La CFDT, CGT, FO CFE-CGC et CFTC ont écrit le 18 mars 2024 une tribune commune pointant que la baisse de 17% des allocations et la perte de l’ARE pour ceux en fin de droits va encore accroître l’excédent de la caisse UNEDIC, chaque année ponctionné par l’Etat. Ils la dénoncent et menacent de conduire des actions.
