Entre :

  • Le décret n°2022-1299 du 07/10/2022 sur la facturation électronique
  • Et le décret n°2023-262 du 12/04/2023 qui limite le pouvoir de l’URSSAF sur le traitement des données de l’entreprise dans le cadre des investigations sur support dématérialisé

Plus aucun doute : le changement vers la dématérialisation, c’est maintenant !

1- L’introduction en marche forcée de l’e-invoicing ou facturation électronique

L’ordonnance 2021-1190 du 15/09/2021 impose la facturation électronique à court terme: Le décret n°2022-1299 du 07/10/2022 prévoit son déploiement le 01/07/2024 :Toute  entreprise établie en France devra accepter les factures électroniques, et les très grandes devront également les émettre électroniquement ; avec une généralisation actée au 01/01/2026.

Que signifie  l’échange des factures électroniques ? Pas seulement une automatisation des factures mais un passage obligé par une plateforme contrôlée/l’administration fiscale (portail Chorus Pro ou toute autre plateforme accréditée en amont par elle) ; un avant-goût pour un applicatif à venir à d’autres domaines comme la BDESE (base de données économiques sociales et environnementales) ?

Si l’objectif affiché des plateformes est la compétitivité, cela soulève tout de même des questions sur la sécurisation et contrôle de ces échanges dématérialisés: Jusqu’où ira le pouvoir de l’administration ? les  hackers ?

2- la sécurisation des documents dématérialisés lors des contrôles opérés par l’URSSAF

Pour apporter des «garanties supplémentaires aux cotisants», le décret n°2023-262 du 12/04/2023 renforce leurs droits officiellement face à l’URSSAF, organisme référencé pour effectuer les contrôles dans les entreprises.

Outre l’allongement à 30 jours du délai de prévenance, la limitation à 3 mois de la durée des contrôles des petites entreprises, l’agent de l’URSSAF ne pourra plus librement choisir d’examiner les données/documents dématérialisés de l’entreprise : Sur son propre matériel informatique ou sur celui de la personne contrôlée. Dorénavant, excepté le cas du travail dissimulé, pour accéder à ces documents via son propre matériel professionnel, il devra respecter une procédure préalable spécifique plus contraignante a priori :

  1. Une obligation préalable d’information auprès de la personne contrôlée
  2. Un délai de 15 jours de réponse pour accepter/refuser à l’URSSAF l’option d’utiliser son propre matériel informatique :
    • En cas d’acceptation, récupération par l’URSSAF des copies numériques des documents, des données et des traitements nécessaires au contrôle
    • En cas de refus écrit, le cotisant  traite les données lui-même ou autorise l’agent de l’URSSAF à procéder aux opérations de contrôle sur le matériel de l’entreprise

Et concernant la confidentialité des copies transmises ? Elles seront « détruites au plus tard à la date soit de l’envoi de la mise en demeure soit de la communication des observations ne conduisant pas à redressement ou de la notification d’un solde créditeur ».

Cette question de confidentialité est d’autant plus importante que l’entreprise pourrait être amenée à transmettre la copie de sa base de données économiques et sociales (BDESE). Or, ce document papier ou numérique, obligatoire dans les entreprises de +50 salariés, regroupe nombre de données sensibles (orientations stratégiques, documents comptables et financiers, bilan social…).

L’URSSAF se doit d’afficher sa transparence et performance sur la gestion des  informations désormais vulnérables car dématérialisées.

Rédigé par Me BESSET Avocat spécialisé en Droit du Travail et droit de la Sécurité et protection sociale SELARL LDSconseil