L’année 2023 mettrait-elle l’égalité professionnelle entre femmes et hommes à l’honneur ?
La publication du Décret n° 2023-227 le 30/03/2023 – renforçant la répression de l’outrage sexiste et sexuel et celle du Décret n° 2023-370 sur la part des femmes aux postes de direction, le 15/05/2023 – le laisse à penser.
1- L’aggravation de l’outrage sexiste et sexuel, y compris au travail
Définition :
fait d’imposer à une personne tout propos/comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui porte atteinte à sa dignité, ou créé à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
Cette infraction est aggravée si commise :
- Par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions
- Sur une personne manifestement vulnérable (âge, grossesse, maladie, précarité économique ou sociale etc)
- En raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, vraie ou supposée, de la victime
Début 2023, la loi n°2023-22 avait transformé la contravention d’outrage sexiste et sexuel aggravé en un délit puni de 3750 € d’amende (C. pén. art 222-33-1-1).
Le décret du 30/03/2023 a renforcé sa répression en aggravant l’outrage sexiste et sexuel « simple », qui devient une contravention de 5ème classe punie de 1500 € d’amende (C. pén. art R625-8-3).
Dans l’entreprise : Un tel outrage peut très bien être caractérisé au sein de l’entreprise. Dans ce cas, le juge pourrait aussi retenir un manquement à l’obligation de santé et de sécurité de l’employeur.
Notre conseil : Pour prévenir tout risque, il est opportun de mettre en place des dispositifs tels que :
- Un système d’alerte en cas d’agissements sexistes ou sexuels
- Un plan d’action de prévention des comportements sexistes ou sexuels
- Un/plusieurs référents harcèlement sexuel ou QVCT
2 – L’obligation de compter a minima 40% de femmes parmi les cadres dirigeants
Pour lutter efficacement contre les discriminations sexistes, notamment au travail, il faut également faire de la prévention.
2.1. La loi Rixain (n°2021-1774 du 24/12/2021) a fixé des quotas dans les postes de direction des entreprises de 1000 salariés :
- Au 01/03/2026 : Au moins 30% de femmes parmi les cadres dirigeants et les instances dirigeantes
- au 01/03/2029 : Au moins 40%
A partir de 2029, peine de pénalité financière (max. 1% de la masse salariale) si les entreprises ne sont pas en conformité avec ces quotas.
Le décret du 15/05/2023 n° 2023-370 présente la procédure préalable au prononcé de cette pénalité :
- Passés 2 ans, l’inspection du travail constate le non-respect de l’obligation et transmet un rapport à sa direction (DREETS)
- La DREETS a 2 mois pour notifier à l’employeur son intention de prononcer la pénalité. Celui-ci a 1 mois pour présenter des observations/justifier sa défaillance, prorogeable 1 mois
- A l’expiration de ce délai, la DREETS a 2 mois pour notifier le taux de pénalité retenu par décision motivée (tout va dépendre des mesures de correction prises, de la bonne foi de l’employeur, des motifs de la défaillance)
- L’entreprise a 2 mois pour communiquer les documents nécessaires au calcul
- La direction départementale des finances publiques recouvre le montant de la pénalité
2.2. Dès à présent, les entreprises de 1 000 salariés doivent intégrer à la BDESE (base de données éco, soc. et environnementale numérisée) les écarts de répartition femmes/hommes entre cadres dirigeants et membres des instances dirigeantes.
A NOTER : Ces dispositifs vont sans doute être étendus aux entreprises de taille inférieure à terme.
