1- Les grandes lignes du PLFSS et loi de finances cristallisent les tensions car impactant l’emploi :
1.1. Les projets de loi de finances PLFSS pour 2025
Ils comprennent des mesures budgétaires pour réduire la dette, affectant les aides aux entreprises et rationalisant les exonérations de cot. Soc. Le gouvernement prévoit aussi un prélèvement temporaire sur les grandes entreprises, des suppressions de postes et la réduction des allocations chômage. L’ajustement de la prime d’apprentissage (revue à la baisse) et une révision des cotisations font débat car cela engendre une hausse du coût salarial sans compter la suppression des emplois francs pour fin 2024 et des indemnités journalières abaissées.
1.2. La position des partenaires sociaux :
Ce PLFSS suscite des préoccupations sur les acquis sociaux et impacte les négociations en cours sur la retraite progressive et le CDI sénior.
Pour mémo, les partenaires sociaux discute depuis le 22/10 sur l’assurance chômage, avec un objectif d’économies de 400 millions d’€, via les indemnités des travailleurs frontaliers (qui représente un coût de 800 millions d’€/an pour l’Unedic) et la fin des certains allégements pour les créateurs d’entreprise. La base de 2023, qui avait permis 250 millions d’économies, reste essentielle, mais la CGT et la CFE-CGC se sont mis en retrait.
En outre c’est le scepticisme qui demeure : Peu de chance quant à la signature d’un nouvel accord, en raison de la dégressivité des allocations et avec une CGT qui demande la révision des plafonds de cot. pat. et juge la baisse des allocations trop sévère.
Mais les organisations patronales souhaitent collaborer.
2-Des négociations tendues sur d’autres sujets comme l’emploi des séniors et la retraite
Lors de la négociation du 29/10 sur l’emploi des séniors, syndicats et patronat ont débattu d’un projet de CDI sénior et de la retraite progressive. La CFDT et FO s’opposent aux exo. Pat. pour le CDI sénior, estimant que cela affaiblit les droits des travailleurs âgés, tandis que le patronat (Medef, CPME) défend ce contrat et rejette la révision du dispositif sur la retraite progressive. Chacun reste ferme sur ses positions.
La retraite progressive permet aux salariés proches de l’âge légal de départ de réduire leur temps de travail tout en percevant une fraction de leur retraite. Cela leur permet de continuer à cotiser jusqu’à la retraite complète. Pour pouvoir en bénéficier, il faut être arrivé à deux ans de l’âge légal de départ (et donc à 62 ans aujourd’hui pour les générations nées à compter du 1er janvier 1968 puisque la réforme des retraites de 2023 a porté l’âge légal à 64 ans). L’âge d’accès à la retraite progressive s’étale de 60 à 61 ans et 9 mois pour les générations nées entre 1961 et 1967. Il faut par ailleurs justifier de 150 trimestres de cotisations et exercer une activité à temps partiel entre 40 et 80 % du temps complet.
Malgré une volonté flagrante de compromis, la négociation reste conflictuelle, la question d’une entente demeure, la discussion a repris le 4/11.
Petite précision : Le PLFSS 2025 n’inclut pas encore de dispositions sur les retraites, en attendant la réouverture des négociations par les partenaires sociaux. Les pensions resteront indexées sur l’inflation, avec revalorisation en juillet 2025.
