Dans sa note de conjoncture publiée le 3 octobre 2013, l’Insee vise une croissance en France de 0,2 % en 2013, portée par un rebond de l’activité au quatrième trimestre (+ 0,4 %).
L’amélioration de l’activité économique dans la zone euro, et plus particulièrement en France, devrait se poursuivre au second semestre 2013, pronostique l’Insee, dans son point de conjoncture publié le 3 octobre. Si on examine les causes de cette « embellie » on s’aperçoit qu’elle est liée à la progression de l’emploi total au 2e semestre, en raison d’une augmentation importante du nombre d’emplois aidés…
1- Redressement de l’activité dans la zone euro
Dans les économies avancées, le dynamisme de la croissance s’est poursuivi à un rythme nettement plus important au 2e trimestre (+ 0,6 % après + 0,3 %), notamment au Japon (+ 0,9 % après + 0,1 %), aux États-Unis (+ 0,6 % après + 0,3 %), et au Royaume-Uni (+ 0,7 % après + 0,4 %). Ce regain d’activité s’est répercuté dans la zone euro, qui après six trimestres de repli consécutif est sortie de récession (+ 0,3 % au second trimestre après – 0,2 %). Selon les projections de l’Insee, le PIB continuerait à croître au second semestre (+ 0,1 % au 3e trimestre puis + 0,3 % au 4e), « stimulée par la faiblesse de l’inflation, la modération de la consolidation budgétaire et la meilleure orientation de l’investissement après un ajustement très marqué ». L’Italie et l’Espagne devraient également retrouver le chemin de la croissance d’ici la fin de l’année, suite à une atténuation de la contraction de l’activité au 2e trimestre (respectivement – 0,3 % après – 0,6 % et – 0,1 % après – 0,4 %). En revanche, l’activité est restée modérée dans les économies émergentes (+ 0,9 %) comme au 1er trimestre, en comparaison du rythme d’avant crise (+ 1,8 % en moyenne de 2000 à 2008).
2- L’activité en France retrouve un petit élan
Concernant la France, le PIB progresserait de 0,2 %, après 0,0 % en 2012. En glissement annuel, l’activité serait nettement mieux orientée fin 2013 qu’un an auparavant (+ 0,8 % après – 0,3 %), portée notamment par le rebond de la production manufacturière.
3- Un scénario toutefois à prendre avec prudence
Plusieurs aléas sont susceptibles de fragiliser ces prévisions, prévient l’Insee. Tout d’abord, « le rythme de reprise dans la zone euro est incertain ». Une fois engagée, observe l’institut statistique, « la reprise pourrait, comme c’est souvent le cas, surprendre par son ampleur, mais à l’inverse, elle pourrait piétiner, en cas de résurgence des risques souverains et bancaires ». Par ailleurs, « du fait des interrogations actuelles sur le rythme de réduction d’achats de titres par la Fed et de l’issue difficile à anticiper des négociations des élus américains sur le budget et le plafond de la dette la fin de l’année », la politique économique américaine reste fragile. Enfin, conclut l’Insee, les prévisions de croissance des économies émergentes sont plus fragiles que d’habitude, car soumises aux influences contraires de l’augmentation des coûts de financement et de l’effet d’entraînement des économies avancées ».
INSEE, Point de conjoncture, octobre 2013