1- Les impacts de l’avancée de l’IA en RH et réaction de l’encadrement salarié
Selon McKinsey, 60% des emplois seront automatisés en 2030. Les administrations sont engagées dans l’ère du numérique IA. Désormais c’est au tour des salariés.
Avec l’IA qui ne cesse d’évoluer, les craintes persistent.
Pourtant à ce jour, moins de réticence : 30% des cadres la craignaient en mai 2023 contre 21% en mai 2024. La connaissance précise de l’IA chez les cadres est passée de 63 à 75 % en 1 an, même si seulement 10% des cadres interrogés l’utilisent (1 sur 4). Néanmoins, ils sont nombreux à vouloir bénéficier d’une formation IA.
A ce jour 71% de cadres estiment que l’IA est utile dans leur activité professionnelle. Ils trouvent cet outil bénéfique en terme d’efficacité : Gain en productivité, amélioration de la qualité du travail, innovation (sa capacité à donner de nouvelles idées perpétuellement et la réalisation de tâches que l’humain est incapable de faire).
Les risques demeurent quant à la fiabilité de l’information donnée par l’IA et les utilisations malveillantes : L’impact sur l’emploi, la protection des données, la traçabilité et construction des algorithmes ainsi que l’impact sur l’environnement posent question.
2- L’intégration progressive de l’IA en entreprise
2.1. Dans les services RH :
L’IA joue un grand rôle notamment dans les offres d’emplois, les trames d’entretiens pour les recrutements et le sourcing pour la recherche de candidats. A terme, la puissance de l’IA est telle qu’elle pourra gérer les plannings, réaliser une fiche de poste. Elle est capable de suivre, analyser la performance des collaborateurs, anticiper leur évolution, affiner la prise de décisions et pourra même prévoir les absentéismes.
2.2 En matière juridique :
L’IA permet de rédiger des actes simples pour le moment tels qu’une lettre d’avertissement mais s’améliorant par son utilisation et sa connaissance des données, il sera bientôt possible de lui demander de faire la rédaction d’actes plus complexes.
Attention tout de même, les modèles d’IA peuvent reproduire des erreurs, préjugés et voire créer des discriminations malgré une prétendue neutralité.
3- Les syndicats inquiets face à une IA trop ambitieuse.. alertent sur la nécessité de protéger les salariés
Le RGPD semble protéger les travailleurs face à l’IA avec les mesures contre le piratage et la fuite des données lors de l’utilisation de l’IA. A ce jour, le RGPD interdit les décisions prises seulement grâce à UN algorithme.
Toutefois, une question se pose : Le RGPD va-t-il intégrer la nécessaire intervention de « l’avis de l’humain » sur toutes les décisions algorithmiques impactant le travail des salariés ? C’est ce que demande les syndicats : Une ceinture de sécurité supplémentaire et revoir les droits des représentants du personnel :
« En Europe, l’accord du 9 décembre 2023 entre le Conseil et le Parlement européen (IA Act) encadre l’intelligence artificielle à haut risque dans les domaines sensibles comme les infrastructures, l’éducation ou les ressources humaines (obligation de contrôle de l’IA par l’humain, documentation). Mais concernant la protection des emplois, tout reste à construire. Le dialogue avec les travailleurs, la formation et une protection sociale adéquate seront essentiels pour gérer la transition » insiste l’OIT et les syndicats réformistes.
La BDESE – pour les entreprises (+ 50 salariés) devrait contenir une rubrique suppl. visant à identifier les systèmes de l’IA utilisés et intégrer le principe d’une expertise 100% à la charge de l’employeur.
4- Le code du travail est-il adapté au déploiement de l’IA ?
Adapter les emplois à l’évolution des tâches est nécessaire. Ainsi, nécessairement le contrat de travail sera modifié et les risques professionnels actualisés afin de prendre en compte les risques liés à «l’économie numérique ».
Le droit européen va contraindre le législateur français via le renforcement des normes RGPD mais aussi suite à l’intégration de la Directive sur les plateformes numériques (https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/regulatory-framework-ai) pour assurer la protection des travailleurs face à l’IA.
A ce jour, on note l’absence d’accords collectifs sur l’IA. Ni les syndicalistes, ni les organisations internes en entreprise sont préparés l’IA interactive. Notre code du travail dans sa conception actuelle n’est pas adapté à l’évolution constante de l’IA. C’est ce qui ressort de la conférence organisée « en catimini » par les ministères de l’Economie et du Travail le 21/05/2024.
suivre..
